Edito - 15 juin 2008
Un mois riche en évènements pour le monde des affaires et plus particulièrement celui des CGPI, dont l’activité demeure l’un des baromètres les plus efficaces de notre environnement. Rebond du chômage au mois de mai, durcissement de la position de la BCE, inflation sous contrôle…et pourtant, existe un décalage étonnant, nous dites-vous souvent dans vos courriels, entre les discours des experts, les craintes de vos clients, et les nouvelles pessimistes qui vous parviennent.
Ceux que nous appelons les experts – il s’agit de vos analystes préférés et de vos gérants favoris- restent rassurants. Selon eux, la turbulence que nous subissons ne doit pas réfréner les ardeurs des investisseurs les plus chevronnés. Tout ce que nous vivons n’a rien à voir avec la précédente crise, encore gravé dans l’esprit et le portefeuille de certains. Tout va presque bien, et bien mieux que quand ça n’allait pas trop l’année dernière.
Ils ont raison. Les méandres boursiers de l’année 2001 restent très éloignés de nos exotiques Subprime. Alors que nous investissions un peu trop tôt dans du virtuel créateur d’une hypothétique valeur, il était difficile de prévoir que sept ans plus tard, le sous-jacent beaucoup moins virtuel qu’est l’immobilier pouvait révéler une surprise de taille. Aux multiples conséquences, dont certaines, inavouables, peuvent bientôt avoir un effet justifiant un pessimisme à toute épreuve.
Les clients, vos clients, s’inquiètent. Le prix de leur quotidien augmente férocement, sauf ce pourquoi ils se sont endettés. Pire, alors que le pétrole s’affiche à des prix de romans de science-fiction des années soixante-dix, on leur fait entrevoir que leur chère maison, acquise avec fierté mais non sans sacrifice, pourrait, dans un futur proche, ne plus être le refuge salutaire qu’ils imaginaient et pour lequel ils travaillent tant.
Ils ont raison, eux aussi. C’est pourquoi vous êtes une majorité à protéger, depuis le mois de décembre dernier, leurs capitaux en investissant massivement sur des fonds sécurisés. Et que vous évitez, tout en sachant qu’il est pourtant bon d’investir quand tout es bas, les investissements plus volatiles, ou plus attractifs
Les intérêts se croisent, les débats font rage, et ceux qui voient dans le futur de la bourse une terrible catastrophe ou un havre de paix, auront beau jeu de ne jamais oublier leur mission première, celle qui leur est confié de manière unanime par chaque client, et répétée secrètement à chaque signature de contrat : protéger, envers et contre tout, les fruits du travail de tout une vie.
Très bonnes vacances à tous,
Franck Sinanian |